Convention collective de l’immobilier : ce que prévoit l’IDCC 1527

15 septembre 2026

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Un négociateur payé presque exclusivement à la commission, une assistante de copropriété au forfait mensuel, un cadre dirigeant d’agence au forfait jours : trois situations, un seul texte de référence.

La convention collective de l’immobilier a cette particularité de couvrir des modes de rémunération très différents sous un même toit, avec un statut spécifique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Voici ce qu’elle contient et comment vérifier qu’elle vous concerne.

IDCC 1527 et brochure 3090 : la carte d’identité du texte

La convention collective nationale de l’immobilier date du 9 septembre 1988. Elle a été étendue par arrêté du 24 février 1989, ce qui la rend obligatoire pour toutes les entreprises entrant dans son champ, adhérentes ou non à une organisation patronale.

Elle est née d’une fusion : celle de la convention des syndics de copropriété et administrateurs de biens avec celle des agents immobiliers et mandataires en vente de fonds de commerce. Cette origine explique la cohabitation, dans un même texte, de métiers de gestion et de métiers de transaction.

Deux références l’identifient au quotidien : l’IDCC 1527, repris dans les déclarations sociales, et la brochure 3090 au Journal officiel.

Pour repérer rapidement les garanties collectives applicables au secteur, les organismes de protection sociale publient des synthèses par branche, comme cette fiche sur la CCN immobilier, qui rassemble les points de prévoyance et de frais de santé. Le texte de référence, lui, reste celui publié sur Légifrance.

Qui relève de cette convention, et surtout qui n’en relève pas

Le critère est l’activité principale exercée dans l’immobilier : agences de transaction, administrateurs de biens, syndics de copropriété, sociétés immobilières, résidences de tourisme et résidences hôtelières.

Les exclusions méritent autant d’attention que le champ lui-même. Les organismes HLM en sont écartés. Les gardiens, concierges et employés d’immeubles relèvent de leur propre convention collective, celle du 11 décembre 1979, même lorsqu’ils travaillent pour un cabinet couvert par l’IDCC 1527.

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⚠️ Le cas des mandataires indépendants : un mandataire ou agent commercial immobilier travaillant sous ce statut n’est pas salarié. Il ne relève donc d’aucune convention collective, y compris quand il porte les couleurs d’un grand réseau. La distinction se joue sur le statut, pas sur l’enseigne.

Le négociateur immobilier, la grande spécificité de la branche

C’est le point qui distingue vraiment cette convention des autres. Elle organise un statut dédié au négociateur immobilier, décliné en deux versions : le négociateur VRP, soumis au statut légal des voyageurs, représentants et placiers, et le négociateur non-VRP.

Ce statut a fait l’objet de plusieurs avenants successifs, la branche ayant tenu à encadrer une population rémunérée principalement, parfois exclusivement, à la commission.

La règle protectrice à connaître : le négociateur non cadre sous statut doit percevoir sur l’année au moins treize fois le salaire minimum brut mensuel de la branche. Les commissions ne peuvent donc pas servir de prétexte à une rémunération annuelle inférieure à ce plancher.

Pour un employeur, cela suppose un suivi annuel du cumul des commissions et un mécanisme de régularisation.

Pour un salarié, c’est un filet de sécurité que beaucoup ignorent.

Classification, salaires et temps de travail

La grille conventionnelle range les postes en neuf niveaux, des employés E1 à E3 aux cadres C1 à C4, en passant par les agents de maîtrise.

Le classement s’appuie sur cinq critères : le contenu de l’activité, l’autonomie, la responsabilité, la technicité et les relations professionnelles. Les résidences de tourisme et hôtelières disposent d’une grille adaptée à leurs métiers.

Sur la rémunération, une particularité revient dans tous les calculs : le salaire minimum conventionnel s’apprécie sur treize mois, hors prime d’ancienneté. Un salaire mensuel comparé isolément au minimum de branche ne veut donc rien dire tant qu’on ne l’a pas rapporté à l’année.

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La convention traite également l’ancienneté, les gratifications, les congés pour événements familiaux, le maintien de salaire en maladie, les préavis, ainsi que le forfait annuel en jours pour les cadres autonomes, avec les mentions obligatoires à faire figurer au contrat.

Un texte qui évolue en continu

Cette convention fait partie des plus actives en matière de négociation. Une actualisation d’ampleur a été signée fin 2019 pour mettre le texte en conformité avec les évolutions légales, avec des effets concrets pour les entreprises dès l’année suivante.

Vous pouvez consulter le détail des changements apportés à la convention de l’immobilier en 2020 pour mesurer l’ampleur de cette révision.

Le rythme ne s’est pas ralenti depuis. Les avenants récents ont porté sur les salaires et la prime d’ancienneté, sur le statut de négociateur immobilier, sur les régimes de prévoyance et de remboursement de frais de santé, ou encore sur la qualité de vie et des conditions de travail.

Conséquence pratique : une grille de salaires imprimée il y a deux ans n’est probablement plus à jour. Vérifiez toujours le dernier avenant salarial étendu avant d’établir un contrat ou de contrôler une paie.

Une convention collective se lit à sa date, pas à sa réputation.

FAQ : convention collective de l’immobilier

Un mandataire immobilier indépendant est-il couvert par l’IDCC 1527 ?

Non. Le mandataire qui exerce sous statut d’agent commercial n’est pas salarié, il ne relève donc d’aucune convention collective, quelle que soit l’enseigne du réseau auquel il est rattaché. La convention s’applique aux salariés des entreprises du secteur.

Quel salaire minimum pour un négociateur immobilier ?

Un négociateur non cadre sous statut doit percevoir sur l’année au moins treize fois le salaire minimum brut mensuel prévu par la branche, commissions comprises. Un complément est donc dû si le cumul annuel des commissions reste inférieur à ce plancher conventionnel.

Les gardiens d’immeubles relèvent-ils de la convention de l’immobilier ?

Non, ils dépendent de la convention collective des gardiens, concierges et employés d’immeubles du 11 décembre 1979, même lorsqu’ils sont employés par un cabinet d’administration de biens relevant lui-même de l’IDCC 1527.

Sources

Pour aller plus loin : Convention collective nationale de l’immobilier du 9 septembre 1988 (Légifrance) et Convention collective Immobilier (Code du travail numérique, ministère du Travail).

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