Convention collective HCR (IDCC 1979) : grille, repas, mutuelle et jours fériés en 2026

23 janvier 2024

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Le coût se voit-il sur votre bulletin ? Dans les hôtels, cafés et restaurants, la convention collective (IDCC 1979) promet des droits qui ne se lisent pas tous sur la même ligne : un taux horaire, un avantage nourriture ajouté puis retiré, deux cotisations sociales, des jours fériés à solder en fin d’année.

Cet article traite ces quatre droits du salarié : grille, repas, mutuelle et prévoyance, jours fériés garantis. La durée du travail et les heures supplémentaires sont traitées à part. Où l’accord se traduit-il ? Chaque section vous donne la ligne à chercher.

📌 Ce qu’il faut retenir : la grille HCR applicable fin septembre 2026 reste celle de l’avenant n° 33 du 19 juin 2024, en vigueur depuis le 1er décembre 2024. Avec le Smic à 12,31 € de l’heure depuis le 1er juin 2026, ses quatre premiers échelons sont passés sous le minimum légal. Une nouvelle grille signée en juin 2026 attend son arrêté d’extension. Le repas fourni est évalué à 4,35 € depuis le 1er juin 2026, et 6 jours fériés par an sont garantis après un an d’ancienneté.

Grille HCR : l’avenant n° 33 face au Smic de juin 2026

Les minima en vigueur sont ceux de l’avenant n° 33 du 19 juin 2024 relatif aux salaires, étendu par arrêté du 5 novembre 2024 publié au Journal officiel du 9 novembre. Il s’applique depuis le 1er décembre 2024 à toutes les entreprises HCR, quel que soit leur effectif, de 12,00 € à 28,12 € bruts de l’heure.

La grille compte cinq niveaux de trois échelons. Le niveau I va de 12,00 € à 12,18 €, le niveau II de 12,28 € à 13,17 €, le niveau III de 13,32 € à 14,00 €, le niveau IV de 14,40 € à 15,40 €, et le niveau V de 18,43 € à 28,12 €. Le Smic est passé à 12,31 € le 1er juin 2026. Quatre échelons sont donc sous le minimum légal : les trois du niveau I et le premier du niveau II, à 12,28 €. Pour ces salariés, l’employeur doit verser au moins le Smic.

Ramenez l’annonce au bulletin.

Concrètement, un salarié au niveau II échelon 2, payé 12,55 €, touche 1 903,46 € bruts pour 151,67 heures, soit 36,44 € de plus que le Smic mensuel de 1 867,02 €. Toutefois, cet écart se calcule sur 35 heures. La plupart des contrats HCR à 39 heures ajoutent des heures majorées qui gonflent le brut sans rien dire du taux de base.

🧮 Ramenez l’annonce au bulletin
Gain brut mensuel :
Gain brut sur 12 mois :
Nouveau brut mensuel :
Écart avec le minimum HCR :
Écart avec le Smic mensuel (1 867,02 €) :
Calcul indicatif en brut, base 35 heures, hors heures majorées, avantage nourriture et cotisations. Le montant net dépend de votre bulletin.

La grille vaut en métropole et dans les DROM, pour tous les salariés, alternants compris. Les apprentis relèvent d’un barème distinct, revalorisé par l’avenant n° 35 du 27 février 2025. Plus haut, l’effet devient réel. Au niveau III échelon 1, payé 13,32 €, l’écart avec le Smic atteint 1,01 € de l’heure, soit environ 153 € bruts par mois sur 151,67 heures.

La grille signée en juin 2026 : une annonce qui attend l’extension

Une nouvelle grille a été ouverte à la signature jusqu’au 30 juin 2026, signée par l’UMIH, le GNC et le GHR côté patronal, la CFDT et la CFE-CGC côté salariés. Selon l’UMIH, elle démarre à 12,31 € et culmine à 28,68 €. Elle ne s’appliquera qu’après publication de son arrêté d’extension.

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Consultée le 30 septembre 2026, la base Légifrance ne recense aucun texte salarial HCR postérieur à l’avenant n° 33. L’UMIH elle-même indiquait le 15 juillet 2026 que l’accord de juin 2024 restait en vigueur. Le calendrier compte. L’avenant n° 33, signé le 19 juin 2024, n’a produit ses effets que le 1er décembre 2024, plus de cinq mois après sa signature. Si le même délai se reproduit, la nouvelle grille ne sera pas sur les bulletins avant la fin de l’année 2026.

Toutefois, le premier échelon annoncé, à 12,31 €, ne fait que rejoindre le Smic que l’employeur doit déjà verser depuis le 1er juin 2026 aux salariés concernés.

Concrètement, un salarié du niveau I ne gagnera rien le jour de l’extension. Au premier échelon du niveau II, le taux passera de 12,31 € (Smic) à 12,58 €, soit 0,27 € de plus par heure et environ 41 € bruts par mois sur 151,67 heures. Méfiez-vous des annonces en pourcentage. Seul le taux de votre échelon, comparé au Smic, mesure le gain réel.

ÉchelonAvenant n° 33 (en vigueur)Grille de juin 2026 (non étendue)Écart
Niveau I, échelon 112,00 € (Smic dû : 12,31 €)12,31 €+0,31 €
Niveau II, échelon 112,28 € (Smic dû : 12,31 €)12,58 €+0,30 €
Niveau II, échelon 313,17 €13,43 €+0,26 €
Niveau III, échelon 113,32 €13,59 €+0,27 €
Niveau III, échelon 314,00 €14,28 €+0,28 €
Niveau IV, échelon 114,40 €14,69 €+0,29 €
Niveau IV, échelon 315,40 €15,71 €+0,31 €
Niveau V, échelon 328,12 €28,68 €+0,56 €

Source : avenant n° 33 du 19 juin 2024 (Légifrance, IDCC 1979). Grille de juin 2026 : bornes de chaque niveau publiées par l’UMIH le 15 juillet 2026, applicables seulement après extension. Taux horaires bruts.

Serveur en salle de restaurant, illustration des droits garantis par la convention HCR

Avantage nourriture et indemnité compensatrice de repas

Le salarié HCR présent aux heures de repas de la clientèle est nourri par l’employeur ou reçoit une indemnité compensatrice. Chaque repas est évalué à un minimum garanti, fixé à 4,35 € depuis le 1er juin 2026 contre 4,25 € au 1er janvier 2026. La convention interdit de lui réclamer plus que cette évaluation.

La règle d’évaluation vient d’un régime dérogatoire propre au secteur, issu d’un arrêté du 28 avril 2003, qui rattache la valeur du repas au minimum garanti. Selon l’UMIH, l’avantage est dû quand l’établissement reçoit des clients aux heures de repas et que le salarié est présent. L’article 17 de l’avenant n° 1 du 13 juillet 2004 rappelle qu’aucune contribution supérieure à l’évaluation réglementaire ne peut être demandée au salarié qui mange sur place. Le même article a mis fin à certaines déductions que le Code du travail autorisait alors. Le repas consommé et l’indemnité compensatrice ne se cumulent pas pour un même repas.

Toutefois, un repas fourni apparaît deux fois sur le bulletin, ajouté au brut pour les cotisations puis déduit du net, ce qui trompe souvent sur le montant réellement versé.

Concrètement, vérifiez que le nombre de repas correspond à vos jours de présence aux services. Isolez la clause décisive. Pour comparer votre paie au Smic, l’article D. 3231-13 du Code du travail ne retient la nourriture que pour la moitié de sa valeur.

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🔢 Cas chiffré (hypothèse)

Prenons un serveur présent à deux services par jour, cinq jours par semaine, soit 44 repas dans le mois. Au minimum garanti de 4,25 €, l’avantage valait 187,00 €. À 4,35 €, il vaut 191,40 €, soit 4,40 € de plus. Cette somme s’ajoute au brut puis se retire du net : le gain en pouvoir d’achat est nul, seules les cotisations bougent un peu.

Mutuelle et prévoyance HCR : deux cotisations, deux règles

La mutuelle de branche repose sur l’accord du 6 octobre 2010 relatif aux frais de santé, étendu par arrêté du 17 décembre 2010. La cotisation est un forfait mensuel partagé à 50 % entre employeur et salarié. La prévoyance, prévue par l’avenant n° 1 du 13 juillet 2004, coûte 0,86 % du salaire depuis le 1er juillet 2021.

Côté santé, les garanties démarrent dès la date d’embauche. Le forfait n’est pas réduit au prorata du temps de travail, ce qui pèse lourd pour un temps partiel. D’où une dispense. Le salarié à temps partiel ou l’apprenti peut refuser l’adhésion si sa cotisation atteindrait au moins 10 % de son brut, tout comme le salarié en CDD de moins d’un mois. La demande de dispense doit être écrite et mentionner que l’employeur a informé le salarié des conséquences de son choix.

Concrètement, la prévoyance répartit ses 0,86 % entre décès (0,29 %), rente d’éducation et handicap (0,16 %), incapacité (0,22 %) et invalidité (0,19 %), avec un financement global partagé à parts égales.

Toutefois, l’avenant du 10 mai 2021 met l’incapacité et l’invalidité à 4/5 à la charge du salarié. La répartition globale reste à parts égales. Sur un salaire de référence de 2 000 €, la cotisation totale atteint 17,20 € par mois. Un accord frais de santé signé le 28 juin 2022 figure aussi sur Légifrance, mais non étendu et visé par deux lettres de dénonciation.

✅ Points forts

  • Mutuelle couverte dès l’embauche, financée à 50 % par l’employeur.
  • Repas fourni ou indemnité compensatrice, sans contribution au-delà de l’évaluation légale.
  • 6 jours fériés garantis par an, payés même si le salarié est de repos.

⚠️ Limites

  • Quatre échelons sous le Smic depuis le 1er juin 2026.
  • Nouvelle grille signée en juin 2026, toujours sans arrêté d’extension fin septembre.
  • Forfait mutuelle non proratisé, lourd pour les petits temps partiels.

Je retiens une vérification simple : deux lignes distinctes sur le bulletin, une pour la santé en euros, une pour la prévoyance en pourcentage, chacune avec sa part salariale.

Jours fériés garantis : 6 jours sur 10, à solder chaque année

Depuis l’avenant n° 6 du 15 décembre 2009, étendu en février 2010, le salarié d’un établissement permanent qui compte un an d’ancienneté bénéficie, en plus du 1er mai, de 10 jours fériés par an. Six sont garantis : chômés et payés, compensés en temps ou indemnisés, même s’ils tombent un jour de repos.

Les quatre autres suivent une règle moins protectrice. Chômé, le jour ne coûte rien au salarié sur sa paie du mois, puisque le salaire est maintenu. Travaillés, ils ouvrent droit à un jour de compensation. Tombés sur un jour de repos, ils ne donnent rien. Les saisonniers qui justifient de 9 mois d’ancienneté dans l’établissement ou l’entreprise y ont droit au prorata de leur contrat, arrondi à l’entier supérieur.

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Toutefois, le droit ne s’éteint pas au 31 décembre.

Concrètement, l’employeur doit vérifier en fin d’année civile que les 6 jours garantis ont été pris et, à défaut, informer le salarié par écrit des jours restants. Ceux-ci se prennent ou s’indemnisent dans les 6 mois suivants, isolés ou regroupés en une semaine, puis sont obligatoirement payés au terme de ce délai. Pour comparer ces droits avec ceux d’un fast-food, voyez la convention de la restauration rapide. Pour les horaires, les heures supplémentaires et le travail de nuit, qui obéissent à d’autres règles que celles vues ici, lisez les spécificités de la convention HCR. Un autre angle sur les droits des salariés HCR complète ce tour.

⚠️ Piège classique

Croire qu’un jour férié tombé pendant un repos est perdu. C’est vrai pour 4 des 10 jours fériés, pas pour les 6 jours garantis, dus « même si le salarié est en repos ». La bonne approche : faites en janvier le compte des jours garantis obtenus l’année passée, puis réclamez par écrit le solde dans les 6 mois.

Où l’accord se traduit-il chez vous ? Dans le taux de base comparé au Smic, les lignes de repas, les deux cotisations sociales et le compteur de jours fériés. Vérifiez l’accord applicable avant de trancher.

Questions fréquentes

Quelle est la grille de salaires HCR en vigueur en 2026 ?

C’est celle de l’avenant n° 33 du 19 juin 2024, étendu par arrêté du 5 novembre 2024 et appliqué depuis le 1er décembre 2024. Elle va de 12,00 € à 28,12 € bruts de l’heure. Depuis le 1er juin 2026, les trois échelons du niveau I et le premier du niveau II sont sous le Smic de 12,31 €, qui doit alors être versé.

Combien vaut l’avantage nourriture en HCR en 2026 ?

Chaque repas est évalué à un minimum garanti, soit 4,35 € depuis le 1er juin 2026 (4,25 € du 1er janvier au 31 mai 2026). Pour 44 repas dans le mois, l’avantage atteint 191,40 €. Il est ajouté au brut puis déduit du net.

La mutuelle HCR est-elle obligatoire dès l’embauche ?

Oui. L’accord du 6 octobre 2010 fait démarrer les garanties à la date d’embauche, avec une cotisation forfaitaire partagée à 50 % entre employeur et salarié. Des dispenses existent, surtout pour les CDD de moins d’un mois et les temps partiels dont la cotisation atteindrait 10 % du brut.

Combien de jours fériés sont garantis en HCR ?

Après un an d’ancienneté dans un établissement permanent, le salarié a droit, en plus du 1er mai, à 10 jours fériés par an, dont 6 garantis même s’ils tombent un jour de repos. Les jours garantis non pris se reportent sur 6 mois, puis doivent être payés.

Sources

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