Convention collective de la boucherie : l’IDCC 992 remplacée par l’IDCC 3254, salaires 2026

1 février 2024

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Le coût se voit-il sur votre bulletin ? En boucherie, la première ligne à vérifier est l’IDCC. Depuis le 1er novembre 2025, la convention historique de la boucherie, boucherie-charcuterie et triperie (IDCC 992) a cédé la place à un texte commun avec la poissonnerie, l’IDCC 3254.

Cet article reprend ce qui est signé et étendu au 30 septembre 2026. Grille, prime de fin d’année, préavis, maladie. Où l’accord se traduit-il ? Sur des montants datés, poste par poste.

📌 Ce qu’il faut retenir : la convention du 24 septembre 2024 (IDCC 3254), étendue par arrêté du 29 septembre 2025, remplace l’IDCC 992 depuis le 1er novembre 2025. L’avenant n° 9-B, appliqué depuis le 1er juin 2026, fixe le vendeur débutant à 1 938 € et le boucher préparateur à 2 002 € bruts. La prime de fin d’année vaut 2 % du brut annuel.

IDCC 992 ou IDCC 3254 : quelle convention pour la boucherie ?

La boucherie relève depuis le 1er novembre 2025 de la convention nationale de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie (détail et gros), écailler, traiteur de la mer du 24 septembre 2024, IDCC 3254. Elle a été étendue par arrêté du 29 septembre 2025, publié au JO du 4 octobre 2025.

Ce texte prolonge une restructuration engagée en 2020. Un accord du 18 septembre 2020 avait fusionné le champ de la poissonnerie (IDCC 1504) avec celui de la boucherie, désignée comme branche de rattachement. La convention de 1978 figure désormais parmi les textes « non en vigueur » sur Légifrance. Son champ couvre la boucherie, la boucherie-charcuterie, la triperie, la boucherie hippophagique, le commerce de volailles et gibiers et les traiteurs. La poissonnerie a sa propre annexe dans le même texte. Aucune règle particulière ne vise les entreprises de moins de 50 salariés, alors que la branche en compte une très large majorité.

Toutefois, l’article 6 empêche que ce changement réduise la rémunération ou les avantages déjà en vigueur dans l’entreprise.

Concrètement, un bulletin qui affiche encore « IDCC 992 » en septembre 2026 mérite une question. Isolez la clause décisive : l’activité principale de l’employeur, lue avec l’article 1er du texte de 2024.

🧮 Ramenez l’annonce au bulletin
Brut annuel estimé (12 mois) :
Prime de fin d’année :
Acompte possible en juin (50 %) :
Écart avec le Smic de juin 2026 (1 867,02 €) :
Calcul indicatif en brut. La prime se calcule sur toute la rémunération brute du 1er décembre au 30 novembre, heures supplémentaires et congés payés compris.
Boucher préparateur au travail dans une boucherie relevant de la convention IDCC 3254

Grille 2026 : l’avenant n° 9-B du 4 février 2026

Pour la boucherie, la grille en vigueur est celle de l’avenant n° 9-B du 4 février 2026. Il revalorise tous les postes de 1,2 %. Il a été étendu par arrêté du 4 mai 2026, publié au JO du 10 mai. Application : 1er juin 2026, le jour même de la hausse du Smic.

La grille précédente résultait de l’avenant rectificatif n° 4-B du 27 novembre 2025, appliqué au 1er novembre 2025. Le niveau I A, celui du vendeur débutant, passe de 1 915 € à 1 938 €. Le boucher préparateur (II B) monte de 1 978 € à 2 002 €. Le boucher préparateur qualifié (III A) passe de 2 133 € à 2 159 €, soit 26 € de plus chaque mois et 312 € sur une année complète pour un salarié payé au minimum de sa ligne. En haut de grille, le responsable d’entreprise (VII B) atteint 3 933 €.

Lire aussi :  Quelles sont les spécificités de la convention collective dans le secteur de la restauration ?
Niveau et emploiAvenant n° 4-B (1er nov. 2025)Avenant n° 9-B (1er juin 2026)Écart avec le Smic (1 867,02 €)
I A : vendeur débutant, plongeur1 915 €1 938 €+70,98 €
II A : vendeur, caissier1 959 €1 983 €+115,98 €
II B : boucher préparateur, tripier préparateur1 978 €2 002 €+134,98 €
III A : boucher préparateur qualifié2 133 €2 159 €+291,98 €
IV C : boucher hautement qualifié2 378 €2 407 €+539,98 €
VI A : responsable de point de vente2 952 €2 988 €+1 120,98 €

Source : avenant rectificatif n° 4-B du 27 novembre 2025 et avenant n° 9-B du 4 février 2026 relatifs aux salaires, IDCC 3254 (Légifrance). Base 151,67 heures.

Toutefois, la hausse de 1,2 % ne vise que les minima. Un boucher déjà payé au-dessus de sa ligne n’a droit à rien au titre de la branche.

Concrètement, un boucher préparateur payé au minimum gagne 24 € bruts par mois depuis juin 2026, soit 288 € sur un an.

💡 Le saviez-vous ?

Même le premier échelon de la grille boucherie dépasse le Smic de juin 2026 : 1 938 € contre 1 867,02 €. Les conventions IDCC 1505 et IDCC 3237, elles, gardent des niveaux d’entrée sous le salaire minimum légal en 2026.

La grille compte ici pour tous les niveaux, y compris l’entrée, ce qui donne à chaque hausse de branche un effet réel sur le bulletin des débutants.

Prime de fin d’année : 2 % du brut, sans condition d’ancienneté

L’article 72 accorde une prime de fin d’année égale à 2 % de la rémunération brute perçue du 1er décembre au 30 novembre. Elle est due sans condition d’ancienneté, en CDI comme en CDD, aux apprentis et aux saisonniers. L’employeur peut en verser la moitié en juin et le solde en décembre.

La base est large. Elle inclut le salaire de base, les congés payés, les avantages en nature, les heures supplémentaires majorées, le travail de nuit, la prime d’ancienneté éventuelle et les compléments maladie financés par l’employeur. Les frais professionnels, les titres-restaurant, l’intéressement et la participation en sont exclus. Le salarié qui part en cours d’année touche une prime au prorata dans son solde de tout compte. Un 13e mois ou une gratification d’entreprise peut en tenir lieu, à condition d’atteindre au moins le même montant.

🧾 Cas chiffré

Prenons un boucher préparateur (II B) payé 2 002 € bruts par mois toute l’année, sans heures supplémentaires. Sa rémunération annuelle atteint 24 024 €. La prime de 2 % vaut 480,48 €, soit 40,04 € par mois lissé. Un « 13e mois » complet représenterait 2 002 €. Exemple hypothétique fondé sur l’article 72 et l’avenant n° 9-B.

Toutefois, l’ancien article parlait d’un « treizième mois » garanti par la convention. Rien de tel dans le texte de 2024.

Concrètement, ramenez l’annonce au bulletin : la ligne de décembre doit peser environ 2 % de votre brut annuel, pas un mois de salaire, et apparaître au plus tard avec la paie de décembre.

Essai, préavis, licenciement : ce que fixe le texte de 2024

La période d’essai est d’un mois pour les ouvriers et employés, de deux mois renouvelables un mois pour la maîtrise, de trois mois renouvelables un mois pour les cadres. Le préavis de licenciement d’un employé suit la loi au-delà de 6 mois. L’indemnité de licenciement reprend la formule légale.

RègleCode du travailIDCC 3254 (boucherie)
Période d’essai (employés)2 mois maximum (L. 1221-19)1 mois, prolongé en cas d’absence (art. 46)
Préavis de licenciement (employés)1 mois de 6 mois à 2 ans, 2 mois au-delà (L. 1234-1)2 semaines avant 6 mois, puis 1 mois, puis 2 mois après 2 ans (art. 56)
Préavis de démission (employés)Renvoi à la convention ou aux usages2 semaines avant 6 mois, 1 mois ensuite (art. 59)
Indemnité de licenciement1/4 de mois par année jusqu’à 10 ans, 1/3 au-delà, dès 8 moisMême calcul (art. 60)
Maladie, 1 à 5 ans d’ancienneté30 jours à 90 % puis 30 jours à 66,66 %60 jours à 90 % du brut (art. 75)
Lire aussi :  Quels sont les avantages de la convention collective textile pour les travailleurs ?

Source : texte de base de la convention collective IDCC 3254 du 24 septembre 2024 (Légifrance), Code du travail.

Pour les cadres, le préavis monte à 3 mois après 6 mois d’ancienneté, en cas de licenciement comme de démission. Un stage de fin d’études suivi dans l’entreprise dans les trois mois précédant l’embauche se déduit de l’essai, dans la limite de la moitié, ou en totalité si l’emploi correspond aux missions confiées au stagiaire. La maîtrise passe à 2 mois. La démission peut être raccourcie par accord écrit, conclu après sa notification. Le délai de prévenance en fin d’essai grimpe à un mois après trois mois de présence. Pendant le préavis, l’article 57 organise des heures de recherche d’emploi.

Toutefois, l’indemnité de licenciement n’apporte rien de plus que le Code du travail.

Concrètement, un employé licencié après 12 ans touche le même montant qu’ailleurs, calculé sur le plus favorable des 12 ou des 3 derniers mois.

Vitrine d'une boucherie-charcuterie et lecture de la grille des salaires IDCC 3254

Maladie, jours fériés, repos : les autres lignes à contrôler

En boucherie, le complément maladie couvre 60 jours à 90 % du brut entre 1 et 5 ans d’ancienneté, puis 20 jours de plus par tranche de 5 ans, jusqu’à 180 jours. Il démarre au 8e jour, ou dès le 1er jour en cas d’accident du travail, de trajet ou d’hospitalisation. La Sécurité sociale et la prévoyance patronale sont déduites.

L’article 76 garantit aussi l’emploi du salarié malade pendant 3 mois entre 1 et 8 ans d’ancienneté, puis 6 mois au-delà. Un jour férié chômé ne fait perdre aucun salaire. Aucune ancienneté n’est exigée. S’il est travaillé, le salarié obtient un repos de même durée dans la quinzaine ou une indemnité égale à son salaire du jour. Le 1er mai travaillé est payé double. Le repos hebdomadaire doit durer au moins 35 heures consécutives, sur trois demi-journées.

⚠️ Piège classique

Idée reçue : « La convention de la boucherie prévoit une prime d’ancienneté. » Bonne approche : dans l’IDCC 3254, la prime d’ancienneté figure dans l’annexe poissonnerie (article 98), pas dans l’annexe boucherie. Un boucher n’y a droit que si son contrat, un accord d’entreprise ou un usage la prévoit.

Toutefois, l’article 6 interdit que la nouvelle convention serve à réduire un avantage déjà en vigueur dans l’entreprise, sous la réserve posée par l’arrêté d’extension.

Concrètement, gardez vos anciens bulletins pour prouver une prime versée avant le changement de convention.

Ce que je retiens de la convention de la boucherie

Je retiens une grille qui reste au-dessus du Smic dès l’entrée, une prime de fin d’année modeste mais ouverte à tous et un complément maladie plus long que la loi. Le reste suit le Code du travail. Le vrai risque, à mes yeux, tient à un IDCC resté à 992 sur la paie de 2026.

Le passage à l’IDCC 3254 a changé les numéros d’articles et les annexes. Chaque référence à l’ancienne convention doit donc être relue. Une mutation temporaire dans une autre boutique de la même entreprise reste possible dans un rayon de 5 kilomètres à vol d’oiseau, pour 30 jours ouvrables au plus. Une erreur de convention se lit vite sur un bulletin, puisque l’intitulé doit y figurer. L’ancien article de ce site promettait un 13e mois et une prime d’ancienneté, deux avantages absents de l’annexe boucherie. Je préfère le dire franchement : une promesse sans texte ne se retrouve jamais sur un bulletin de paie, et c’est le bulletin qui compte.

Lire aussi :  Qu'est-ce que la convention collective 1486 et comment affecte-t-elle votre travail ?

✅ Points forts

  • Premier échelon à 1 938 €, au-dessus du Smic de juin 2026
  • Prime de fin d’année de 2 % sans condition d’ancienneté
  • Complément maladie de 60 à 180 jours à 90 %

⚠️ Limites

  • Pas de prime d’ancienneté dans l’annexe boucherie
  • Indemnité de licenciement calquée sur la loi
  • Carence maladie de 7 jours hors accident et hospitalisation

Toutefois, un accord d’entreprise peut désormais traiter certains sujets autrement que la branche, sauf les salaires minima hiérarchiques et les autres domaines réservés par l’article L. 2253-1.

Concrètement, situez votre cas dans l’ensemble avant de conclure. Les rayons boucherie des supermarchés relèvent souvent de la convention de la grande distribution, et les petites épiceries de la convention IDCC 1505. Pour savoir quand l’accord d’entreprise l’emporte, lisez notre article sur ce qui prime vraiment.

🔎 Où trouver votre IDCC

L’article R. 3243-1 du Code du travail impose de mentionner la convention collective applicable sur le bulletin de paie. Depuis le 1er novembre 2025, une boucherie doit afficher l’IDCC 3254.

Nouvelle convention, nouvelle grille, prime de 2 % calculée sur tout le brut de l’année : ramenez chaque annonce au bulletin. Vérifiez l’accord applicable avant de trancher.

Questions fréquentes

Quelle est la convention collective de la boucherie en 2026 ?

Depuis le 1er novembre 2025, la boucherie relève de la convention nationale de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie (détail et gros), écailler, traiteur de la mer du 24 septembre 2024, IDCC 3254. Elle remplace l’ancienne convention IDCC 992 et a été étendue par arrêté du 29 septembre 2025.

Quel est le salaire d’un boucher préparateur en 2026 ?

L’avenant n° 9-B du 4 février 2026, étendu par arrêté du 4 mai 2026 et appliqué depuis le 1er juin 2026, fixe le boucher préparateur (niveau II B) à 2 002 € bruts pour 151,67 heures. Le boucher préparateur qualifié (III A) est à 2 159 €.

Y a-t-il un 13e mois dans la convention de la boucherie ?

Non. L’article 72 prévoit une prime de fin d’année égale à 2 % de la rémunération brute annuelle, sans condition d’ancienneté. Un 13e mois d’entreprise peut la remplacer s’il est au moins égal.

Quel est le préavis de démission en boucherie ?

Pour un employé ou un ouvrier, le préavis de démission est de 2 semaines avant 6 mois d’ancienneté, puis d’un mois (article 59). Il est de 2 mois pour la maîtrise et de 3 mois pour les cadres après 6 mois.

Sources

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